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SUJET: 11ème Zoom philo, le narcissisme, causes et effets sur soi, sur l'entourage. Peut-on le dépasser ? A partir d'un article de Bruno Lemaître, zoom philo du lundi 25.05.2020

11ème Zoom philo, le narcissisme, causes et effets sur soi, sur l'entourage. Peut-on le dépasser ? A partir d'un article de Bruno Lemaître, zoom philo du lundi 25.05.2020 il y a 1 mois 2 semaines #1

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Prochain sujet : Le narcissisme, causes et effets sur soi, sur l'entourage, peut-on le dépasser ?
Sujet inspiré d'un article du Monde de Bruno Lemaître, Généticien, chercheur en immulogie


Lien pour participer à notre café philo Zoom : us04web.zoom.us/j/511652436
ID de réunion : 511 652 436

Connexion lundi 18.05.2020 dès 18h30 pour socialiser, se mettre en place, s'informer.
Débat à 19h00

Extrait de l'article de Bruno Lemaître. Le Monde du 20.05.2020
Docteur en génétique, Bruno Lemaitre dirige un laboratoire de recherche en immunologie à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Parallèlement à son métier de chercheur, Bruno Lemaitre s’est lancé avec passion dans l’étude de la psychologie des personnalités. Il explore en particulier le narcissisme, et son influence dans les sciences et la société. Après un premier essai sur ce thème en 2016 (An Essay on Science and Narcissism, autoédition, non traduit), il a publié Les Dimensions de l’ego (éditions Quanto, 2019).
(...)
J’ai réalisé que la montée du narcissisme ces dernières décennies peut expliquer bien des maux de nos sociétés : les inégalités croissantes, la pression sociale, mais aussi l’emphase sur l’apparence physique, la défiance envers les institutions, les difficultés à construire un couple durable... Je n’ai pas franchi le pas pour faire de la recherche en psychologie, mais j’aimerais aller plus loin dans l’exploration des personnalités des scientifiques. Ils forment un groupe puissant, peut-être le plus puissant, même s’ils s’en défendent, et la connaissance scientifique régente beaucoup de choses dans la société. J’aime la recherche, mais je ne pense pas que les chercheurs doivent être mis sur un piédestal.
(...)
En France, le narcissisme est surtout vu sous l’angle de la psychanalyse, et le sujet est surtout centré sur les pervers narcissiques et leur comportement manipulateur. Mais c’est une forme extrême qui ne permet pas de saisir toutes les facettes de ce trait de personnalité, qui est en fait un continuum. Depuis un siècle, le narcissisme a fait l’objet de nombreuses définitions.
Pour résumer, on peut retenir des caractéristiques comme le sentiment de supériorité, le besoin d’être mis en avant, l’attirance pour le succès et le pouvoir. Les narcissiques ont une forte confiance en eux, ce qui explique leur aisance dans un groupe. Ils jouent de séduction et utilisent leurs relations personnelles non pas comme une fin en soi, mais comme stratégie pour gravir les échelons. En même temps, ils ont un besoin constant d’être reconnus, de recevoir de la part des autres une confirmation de leur supériorité, et ce tant dans le domaine sentimental que professionnel. Ainsi, une de leurs stratégies classiques est de placer leurs plus fidèles collaborateurs à des postes-clés, cela crée un réseau de personnes serviles qui entrent dans un jeu d’alliance « donnant-donnant ».
(...)
Sans forcément s’en rendre vraiment compte, un narcissique surdimensionne ses actions, et déprécie celles des autres. S’il présente un projet collectif, il va ainsi particulièrement mettre en valeur sa contribution personnelle. Ses propos aussi sont surdimensionnés, et chez certains cela confine à la mythomanie. En même temps, ce sont des personnalités très susceptibles à la moindre critique, dont ils exagèrent la portée.
En fait, ils se comportent souvent comme s’ils avaient un titre qui les distingue des autres. Cette notion de passe-droit, que j’appelle l’« entitrement » (entitlment en anglais), est l’une des facettes les plus négatives du narcissisme, car la sensation d’être spécial fait qu’on ne se sent pas dans l’obligation de suivre les règles. C’est ce qui explique le fort taux de corruption chez les politiciens, par exemple. Les narcissiques aiment aussi se regrouper auprès
d’institutions d’élite qui deviennent en fait des lieux de réseaux pour leur ascension vers le pouvoir.
Il n’y a cependant pas que des aspects négatifs. Les personnes avec un gros ego peuvent être de grands créateurs, de grands scientifiques et leur narcissisme contribue certainement à leur créativité et à leur capacité à innover.
(...)
Les scientifiques sont encore souvent perçus comme des individus travaillant collectivement à la recherche de la vérité, mais les luttes de pouvoir et les batailles d’ego sont très présentes dans la communauté académique. Je l’ai souvent constaté dans ma vie de chercheur, et c’est attesté par des études.
Le surdimensionnement et la forte estime de soi des narcissiques font qu’ils sont très habiles à valoriser leurs travaux de recherche. Ils peuvent épater la galerie avec quelques données préliminaires quand d’autres scientifiques, moins sûrs d’eux, auront besoin de beaucoup de résultats pour convaincre. Ils savent aussi tisser des réseaux avec des personnes qui leur favoriseront l’accès aux meilleures revues, les invitations dans des congrès... ce qui va augmenter leur visibilité. C’est ainsi que des narcissiques peuvent braquer les projecteurs sur certaines disciplines, créant des effets de mode. Sans la personnalité dominante de Freud, la psychanalyse n’aurait sans doute pas pris autant de place.
(...)
Le sentiment d’être supérieur aux autres rend les narcissiques moins sensibles aux conflits d’intérêts. Plus ou moins inconsciemment, certains chercheurs à l’ego surdimensionné peuvent ainsi s’approprier les données de leurs collaborateurs, ou s’arroger la paternité d’une découverte collective. L’interprétation exagérée des résultats, la culture du sensationnalisme, qui contribuent à « bien » publier, est un vrai problème qui entame la crédibilité de la science. Par ailleurs, le comportement non éthique de certains scientifiques narcissiques à forte visibilité encourage d’autres à faire de même, créant une spirale négative qui affecte toute la communauté.
(...)
Il n’y a pas de solution simple au problème de l’ego. Si on en avait une, on aurait évité bien des guerres, des individus comme Kadhafi, Bachar El-Assad ou Donald Trump n’auraient pas accédé au pouvoir. Sans aller jusque-là, nous avons tendance à choisir des leaders sûrs d’eux- mêmes, qui souvent déçoivent ensuite. Les dirigeants laborieux, éthiques, sont moins attractifs.

Fin des extraits choisis. Néamoins, retrouver l'article dans sa totalité ici.
En deux mots, l'auteur cite en exemple le Pr. Raoult (mais nous en avons déjà débattu. Voir le compte-rendu ici) et propose des solutions politiques, qui peuvent faire l'objet d'un autre débat.

Une définition du narcissisme de Patrick Juignet (psychiatre, psychanalyste) :
Sous le terme de « narcissisme », nous désignons l'ensemble des processus psychiques dotés d’une forte charge affective qui contribuent à l’identité, l’estime de soi et le positionnement par rapport aux autres. Plusieurs instances psychiques concourent au narcissisme qui se traduit factuellement par le sentiment d'avoir une identité et une valeur propre, ainsi que par le besoin de les préserver dans les relations avec les autres.

Propositions pour notre débat
- Quelles questions soulèvent, selon vous, les thèses de l'auteur sous-tendues dans son article ?
- Nous prendrons notes des questions et tenterons de faire débat autour de celles qui retiennent l'intérêt des participants. De là, retenons les questions qui pointent les enjeux les plus cruciaux.
- En règle générale, outre les situations d'exemples, les connaisssances partagées, d'éventuelles expériences personnelles qui peuvent être parfois échangées, on s'attache non pas à affimer son opinion, mais à expliquer la raison de sa pensée. En effet, c'est sur la base des argumentations, que l'on met en lien avec la question/le thème de départ, que l'on tente de progresser le débat, c'est-à-dire, d'en clarifier les enjeux.
> Si possible, on tente d'identifier les thèses, les problématiques philosophiques qui sous-tendent notre argumentaion.

Ressources
- La dictature de l'égo : en finir avec le narcissisme de masse. Mathias Roux. Chronique du Journal de la philosophie.
- Aux origines du mythe. Jacqueline Fabre-Serris, spécialiste de la Rome antique, invitée d'Adèle Van Reeth.
- La fabrique des imposteurs et la toute puissance du pervers narcissique. Conférence de Roland Gori, professeur émérite de Psychopathologie
- Rousseau, « amant de lui-même » ?Bruno Bernardi, philosophe, invité d'Adèle Van Reeht.
- Sommes-nous tous devenus narcissiques ? Mathias Roux, invité d'un plateau télévisé.
- Renoncer pour être heureux. Dialogue transdisciplinaire/inter-religieux et spirituel. Collège des Bernadins.
- Le narcissisme. Article de Patrick Juignet. Philosophie, science et société.
- Qui sont les narcissiques ? Article de Sciences Humaines.

Indications Informatiques :
> Lien pour participer à notre café philo Zoom : us04web.zoom.us/j/511652436
- Une fois connecté, laissez Zoom prendre en charge le contrôle audio et vidéo de votre ordinateur.
> Si un n° ID de réunion est demandé : 511 652 436
- Interdit d'interdire - Bernard Stiegler : face à l'urgence climatique, que faire ? Bernard Steigler invité de Frédéric Taddeï.
- Familiarisez-vous avec l'usage de l'interface de l'écran Zoom (image descriptive ici)
- Fermez Skype et les autres logiciels de communication pendant les opérations; fermez également vos autres pages internet pour optimiser votre connexion zoom.

Comment procéder si vous venez pour la première fois ?
- On peut assister à la rencontre sans intervenir, et juste pour écouter.
- Les non-habitués du café philo d’Annemasse sont les bienvenus.
- Connectez-vous en avance pour socialiser, vous installer confortablement, vous familiariser avec l'usage de Zoom.

Quelques indications techniques pour participer
- Si vous ne parlez pas, coupez votre micro (évite les bruits de fond, ce qui est plus confortable pour tout le monde)
- Incrivez votre nom pour demander la parole. (chacun son tour, dans l'ordre des demandes, avec une priorité pour les participants qui s'expriment le moins).
- Réactivez votre micro quand Brigitte ou Laurence (animatrices) vous donne la parole
- Du papier et un crayon à vos côtés peut vous rendre service.
- Installez-vous confortablement avec une boisson et vivez notre moment d'échange comme un moment de pause, mais aussi comme un moment qui va mobiliser votre attention. B)

Quelques indications pour participer au débat.
Si vous en avez la possibilité, précisez la nature de votre intervention : demander une précision, revenir vers le sujet, apporter une information, demander un éclaircissement, poser une question.
On peut également intervenir brièvement dans le débat par le tchat (conversation écrite) pour répondre à un intervenant, préciser son intervention. L'animatrice lit le plus souvent vos interventions.

Pour limiter les effets de dispersion dans le débat :
- Evitez de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de vous lancer dans de longues explications, mais allez au fait de votre argumentation.
- On s'efforce de relier son intervention au sujet, de mettre en lien ce que l'on dit avec ce qui a été dit.
- Pour favoriser une circulation de la parole, on reste concis.
- On s'attache non pas à affimer son opinion, mais à expliquer la raison de sa pensée. En effet, c'est sur la base des argumentations, que l'on met en lien avec la question/le thème de départ que l'on tente de progresser le débat, c'est-à-dire, d'en clarifier les enjeux.
- Si possible, on tente d'identifier les thèses, les problématiques philosophiques qui sous-tendent notre argumentaion.

Pour agir sur la structure dynamique du débat
- Chacun peut situer le registre ou la typologie de son intervention, par exemple :
> de relever des contradictions,
> de répérer une thèse dans une intervention,
> de formuler une problématique,
> de mettre en évidence un présupposé,
> de proposer un contre argument,
> de rapporter un nouvel argument, notamment si la discussion bute sur une impasse,
> de reformuler la question à laquelle vous apportez une réponse,
> de résumer quelques interventions, de faire une micro synthèse, de recentrer le débat,
> de proposer que l'on se fixe sur une seule question lorsqu'on a balayé suffisamment largement le débat.
> Merci à tous.
Dernière édition: il y a 1 mois 1 semaine par René G..
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