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SUJET: L'égalité homme-femme doit-elle conduire à l'indifférenciation des genres ? Sujet présenté par Laura pour lundi 12.08.2019

L'égalité homme-femme doit-elle conduire à l'indifférenciation des genres ? Sujet présenté par Laura pour lundi 12.08.2019 il y a 1 semaine 2 jours #1

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Question de genre : L'égalité homme-femme doit-elle conduire à l'indifférenciation des genres ?


Merci Laura pour la proposition de ton sujet ci-dessous :

C’est le film historique « L’Ordre divin ou Les Conquérantes », (Die göttliche Ordnung) qui m’a inspirée. Il s’agit d’une comédie dramatique suisse-alémanique, réalisé par Petra Volpe en 2017. Elle y raconte la mobilisation de femmes d'un petit village au sujet de la votation du 7 février 1971 sur l'institution du suffrage féminin en matière fédérale. L’ampleur du débat était beaucoup plus étendue. A l’époque une femme ne pouvait même pas accepter une offre d’emploi si son mari n’était pas d’accord. Le droit de vote des femmes est une conséquence de l’insertion des femmes dans la réalité du travail.

La question féminine : dans l’histoire des costumes et des mœurs, la vision de la femme a évolué de façon très importante selon les époques, mais c’est surtout grâce à la révolution du féminisme du dernier siècle que la femme a pu bénéficier d’autant de droits qu’on en a aujourd’hui. La sensation que le mouvement féministe est faible et peu homogène est aujourd’hui un fait : il est éventuellement traversé diverses idéologies. Mais si tous les droits dont on bénéficie aujourd’hui viennent de cette révolution culturelle qu’a eu lieu dans les années 70 du XXe siècle, pourquoi n’en reste-t-il plus grande chose ? La situation féminine d’aujourd’hui est-elle vraiment satisfaisante en France et dans le monde ? Conduit-elle à une indifférenciation des genres ?
Les plus grandes révolutions juridiques sur les droits des êtres humains ont déterminé le développement d’institutions politiques qui s’en portent garantes, ou elles ont produit de véritables chartes de droits ou encore des Constitutions, pour quelles raisons l’acquisition des droits des femmes et la question féminine ne trouvent-elles d’équivalent ?

Références (en copie dans les ressources) :
1. Sophiste Thrasymaque dans La République de Platon, sur la justice comme l’intérêt du plus fort
2. La position de Nietzsche en Par-delà le bien et le mal, ou le statut d’une femme est comparé à un gentil animal, un chat (en pièce jointe).
3. extraits du Deuxième Sexe, « La femme indépendante » de Simone de Beauvoir, extrait intéressant sur la différence de genre (en pièce jointe).
4. Simone Weil, sur le travail ouvrier et la nécessité de la beauté pour supporter la répétitivité de l’action à la chaîne : il n’y a pas de différence entre femme et homme dans ses recherches.
Rêver socialement d’un monde meilleur, c’est inéluctablement rêver d’un monde plus beau. La beauté n’est pas autre chose que l’évidence d’un statut supérieur de l’être. Rêver d’une société plus belle et d’une humanité amenée à l’état sublime, sans aucun doute c’est rêver d’une amélioration de ce qui est. C’est donc là une recherche féconde [25][25]Souriau, pp. 264-265..

Des réponses/questions que l’on peut trouver dans « La femme indépendante » (1949, 1976), extraits du Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir
- De quel problème la querelle du féminisme traite-t-elle ?
- Peut-on définir ce qu’est une femme sans la réduire à son utérus ?
- Pourquoi la féminité est en péril ?
- Comment passe-t-on de femelle à femme et inversement ?
- Ses ovaires, une idée platonicienne ?
- S’il n’y a plus de féminité aujourd’hui, est-ce parce qu’il n’y en a jamais eu ?
- Le rationalisme affirme que le mot « femme » n’a pas de contenu. Mais la femme ne peut pas se réduire à être un homme, sur le plan physique, sa force n’est pas comparable.

Ressources mentionnées :
- Friedrich Nietzsche. Par delà le bien et le mal.
Chapitre : Maximes et intermèdes de 144 à 149.

144.
Quand une femme a du goût pour les sciences, il y a généralement dans sa sexualité quelque chose qui n’est pas en règle. La stérilité dispose déjà à une certaine masculinité du goût ; l’homme est, en effet, avec votre permission, « l’animal stérile ».

145.
En comparant, dans leur ensemble, l’homme et la femme, on peut dire : la femme n’aurait pas le génie de la parure, si elle ne savait pas par l’instinct qu’elle joue le second rôle.

146.
Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d’un abîme, l’abîme, lui aussi, pénètre en toi.

147.
Extrait d’une vieille nouvelle florentine — chose vécue, d’ailleurs : buona femmina e mala femmina vuol bastone. — Sacchetti, Nov. 86.

148.
Amener insidieusement son prochain à avoir bonne opinion de vous, et après coup croire fermement que c’est là l’opinion du prochain : qui donc, dans ce tour de force, saurait imiter les femmes ?

149.
Ce qu’une époque considère comme mauvais, c’est généralement un résidu inactuel de ce qui jadis fut trouvé bon, — l’atavisme d’un idéal vieilli.

Extrait de texte de Simone de Beauvoir. Femme indépendante. Pages 24 et 25.[/b]
« Il y a des femmes sur terre, nous avons donc à nous poser la question : qu’est-ce qu’une femme ?
L’énoncé même du problème me suggère aussitôt une première réponse. Il est significatif que je le pose. Un homme n’aurait pas idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles. Si je veux me définir je suis obligée d’abord de déclarer : « Je suis une femme » ; cette vérité constitue le fond sur lequel s’enlèvera tout autre affirmation. Un homme ne commence jamais par se poser comme un individu d'un certain sexe : qu'il soit homme, cela va de soi. C'est d'une manière formelle, sur les registres des mairies et dans les déclarations d'identité que les rubriques : masculin, féminin, apparaissent comme symétriques. Le rapport des deux sexes n'est pas celui de deux électricités, de deux pôles : "homme" représente à la fois le positif et le neutre au point qu'on dit en français "les hommes" pour designer les êtres humains, le sens singulier du mot "vir" s'étant assimilé au sens général du mot "homo". La femme apparaît comme le négatif, si bien que toute détermination lui est imputée comme limitation, sans réciprocité. Je me suis agacée parfois au cours de discussions abstraites d’entendre des hommes me dire : « Vous pensez telle chose parce que vous êtes une femme », mais je savais que ma seule défense, c’était de répondre : « Je la pense parce qu’elle est vraie » éliminant par là ma subjectivité ; il n’était pas question de répliquer : « et vous pensez le contraire parce que vous êtes un homme » ; car il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité ; un homme est dans son droit en étant un homme, c’est la femme qui est dans son tort. Pratiquement, de même que pour les anciens, il y avait une verticale absolue par rapport à laquelle se définissait l’oblique, il y a un type d’humain absolu qui est le type masculin. La femme a des ovaires, un utérus ; voilà des conditions singulières qu’elle pense avec ses glandes. L’homme oublie superbement que son anatomie comporte aussi des hormones, des testicules. Il saisit son corps comme une relation directe et normale avec le monde qu’il croit appréhender dans son objectivité, tandis qu’il considère le corps de la femme comme alourdi par tout ce qui le spécifie : un obstacle, une prison. « La femelle est femelle en vertu d’un certain manque de qualités », disait Aristote. « Nous devons considérer le caractère des femmes comme souffrant d’une défectuosité naturelle ». Et saint Thomas à sa suite décrète que la femme est un « homme manqué », un être « occasionnel ». C’est ce que symbolise l’histoire de la Genèse où Eve apparaît comme tirée, selon le mot de Bossuet, d’un « os surnuméraire » d’Adam. L’humanité est mâle est l’homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n’est pas considérée comme un être autonome. « La femme, l’être relatif… » écrit Michelet. C’est que M. Benda affirme dans le Rapport d’Uriel : « Le corps de l’homme a un sens par lui-même, abstraction faite de celui de la femme, alors que ce dernier en semble dénué si l’on n’évoque pas le mâle… L’homme pense sans la femme. Elle ne se pense pas sans l’homme.
Simone de Beauvoir. Femme indépendante. Pages 24 et 25.

Thrasymaque : «Je soutiens, moi, que le juste n'est rien d'autre que l'intérêt du plus fort» (Platon. République. Livre I. 338c

Autres ressources
- La beauté du travail ouvrier chez Simone Weil. Alexandre Massipe. Revue Le Cairn
- Paroles de femmes. Geneviève Fraisse invitée de Répliques. France Culture.
- Le féminisme : état des lieux. Répliques. France Culture.
- Entre nous, l’égalité peut-elle s’imposer ?. La grande table. France Culture.
- L'égalité, toute l’égalité, rien que l’égalité/ Frédéric Worms. France Culture.
- Hommes - Femmes. Une diversité d'émissions sur France Culture.
- L'ordre divin. La critique du film + extrait. Cinéma-ch
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