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SUJET: Magnétiseurs, rebouteux : doit-on leur faire confiance ? Sujet du lundi 25.03.2019 + un bref compte-rendu.

Magnétiseurs, rebouteux : doit-on leur faire confiance ? Sujet du lundi 25.03.2019 + un bref compte-rendu. il y a 3 mois 3 semaines #1

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Magnétiseurs, rebouteux : doit-on leur faire confiance ?
 
Je reprends le titre de la conférence d’Isabelle Célestin-Lhopiteau, psychologue, spécialiste des pratiques psycho-corporelles, qui a étudié les effets de soins dispensés par des guérisseurs réputés sérieux.
 
En résumé : coupeurs de feu, magnétiseurs, hypnotiseurs, shamans trouvent une manière spécifique de s’adresser aux patients. Et c’est cette manière de faire qui aurait une efficacité, mais pas nécessairement le type de thérapie employée (prière, magnétisme, méditation accompagnée, rituels shamanistes, etc.)
Rappelons que les thérapeutes dit sérieux ne prennent pas d’argent ou peu, ont une réputation établie depuis plusieurs années, restent « humbles », ne poussent pas à croire en une religion, respectent l’autonomie du patient.
 
Autres constats :
40% des actions requises du patient par le thérapeute, car le patient doit être acteur de sa thérapie, l’invite à se reconnecter à son environnement.
30% des patients vont mieux en raison de facteurs relationnels non spécifiques et communs comme l’empathie, des encouragements, de la chaleur humaine,
15% des patients vont mieux… en raison de la réputation du thérapeute.
15% des patients sont influencés par le type de technique utilisée.
 
Précisons également que les études portent sur des patients souffrant de douleurs, et non de maladies précisément diagnostiquées. Si les douleurs peuvent être associées à des maladies, ce sont bien les douleurs qui sont soulagées, mais les maladies qui seraient « soignées ».
 
Définition de la douleur :
Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), "la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans des termes évoquant ces lésions".
 
Autres explications données :
La transe : état naturel (mais spécifique) du cerveau que le patient comme le guérisseur recherche. Le premier pour s’apaiser lui-même et se couper du monde extérieur, le thérapeute pour mieux se connecter au patient.
Les thérapeutes aident ainsi les patients à se reconnecter à leur corps. Ils facilitent la liaison intérieure entre « rationalité » et « irrationalité » pour aider la personne à sortir d’elle-même, c’est-à-dire à s’oublier, à lâcher prise.
 
 Proposition pour notre échange :
Comment comprendre l'action de ces thérapeutes et leur relative efficacité ? Faisons débat autour des questions que ces faits et ces pratiques vous suggèrent.
  
Ressources :
- La conférence d’Isabelle Célestion-Lhopiteau à la Cité des Sciences.
- Le cerveau entre raison et émotion. Conférences de la Cité des sciences
- Pourquoi la méditation fait-elle du bien ? Conférence à la Cité des sciences.
- Les fascias, leur rôle dans la douleur. Extrait d'un documentaire d'Arte
- Le dossier de la douleur de l'Inserm.
- Le corps (3/4) : « Guérisseurs et médecins : primum non nocere ». France Culture.
- Comment fonctionne l'effet placebo ? France Culture. Durée : 3.26mn
- Pourquoi les personnes souffrant d’anxiété ont du mal à gérer leurs émotions. Article The Conversation.
Dernière édition: il y a 3 mois 2 semaines par René G..
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Magnétiseurs, rebouteux : doit-on leur faire confiance ? Sujet du lundi 25.03.2019 il y a 3 mois 2 semaines #2

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Quelques notes prises lors de ce débat

Nous étions plus d'une vingtaine de personnes, dont des nouvelles que le sujet intéressait particulièrement en raison d'expériences vécues avec des "énergies".

Mais qu'est-ce que l'énergie ? Cette question a occupé une partie de notre débat.
- les physiciens semblent la capter dans tous ses retranchements (atomes, neutrino, bozon de Higgs,...) or, on ne voit nulle part d'énergie "spirituelle" ou guérisseuse", mais uniquement des énergies "physiques", dites aussi "énergétiques" en raison de leur capacité d'interaction avec la matière (toute matière, y compris le vivant).
> Se pose donc la question de ce que l'on désigne par le mot d'énergie (une sensation, une émotion, une perception, un sentiment, un état ?). Ce qui, en fait, ne serait pas l'énergie proprement dite, mais une façon de la sentir, voire un effet de celle-ci sur nos sens.
> Mais comment parler d'une chose pour laquelle nous n'avons pas de mot qui la désigne ?
> L'absence de mot signifie-t-il que :
1° la chose n'existe pas, (et ce qui est ressenti est tout autre chose)
2° nous ne savons pas nommer cette chose (les mots sont incapables de nommer cette chose),
3° nous nommons mal la chose (ou les mots avec laquelle nous la désignons nous trompent) ?

La question reste ouverte et une autre voie d'exploration s'invite dans le débat : la psychologie (le ressenti du sujet, sa subjectivité, les effets placebos, etc...)
Là aussi, les mots peuvent faire défaut ou nous masquer la réalité des choses. En effet, si en désignant la psychologie on localise la question des énergies dans une complexité et une richesse de la personne, certes, nous resserons ainsi notre enquête non plus dans la matière, mais dans la "subjectivité" de la personne, et qui peut néanmoins avoir un effet sur la matière de son corps, et sur d'autres corps pour les thérapeutes (à supposer qu'ils soient sérieux). Mais, dans ce cas, comment comprendre les effets thérapeutiques ?

Une hypothèse
Expliquons d'abord que la construction physique (à la naissance) de notre personne se fait par les soins du corps, mais dans lequel, notre cerveau perçoit tout (les soins, les attentions, les intentions). De fait, notre psychique est strictement et indissociablement lié à son physique à la naissance. Ce n'est que très progressivement que nous opérons la distinction entre notre corps et nos émotions, nos sensations physiques et nos interprétations, notre pensée rationnelle et celle poétique, entre soi et les autres,...etc.
Or, en cas de problème, nous cherchons instinctivement à nous "recentrer" en nous-mêmes, comme à rechercher une unité première ou primordiale. Cet état est "thérapeutique" en lui-même (il n'est pas miraculeux), mais il aide à se sentir mieux, à retrouver des forces. Cet état de recentrement sur soi peut être dit : auto-hypnotique, ressourcement, pseudo-transe, méditation, il est à la conscience ce que la nuit est au jour, une regénération intime de soi.
> Il est possible que des thérapeutes aient cette capacité à se mettre en résonnance avec des patients, ou à faciliter le fait que des patients se ressourcent eux-mêmes à leur état profond.

On pourrait ainsi se poser une autre question : les personnes trop rationnelles (celles qui non seulement refusent mais rejettent toutes ces idées) s'interdisent-elles l'accès à des soins "psychiques" ?
> On peut en effet supposer que des soins leur feraient du bien, mais ces derniers pourraient être destabilisant en choquant le rapport de ces personnes à la raison rationnelle. Ou, autre hypothèse, ces personnes, au contraire, font preuve d'une grande lucidité, car elles savent très bien ce qu'elles peuvent attendre d'elles-mêmes, comme de la science en général et de la médecine en particulier ?
Car, rappelons-le, les thérapeutes soulagent, mais ne guérissent pas. Un peu d'ailleurs comme la médecine qui traite des symptômes, tout en ignorant souvent les causes du mal qu'elle soigne, et en minimisant par ailleurs les conséquences secondaires des soins prodigués.
Question pour les médecins : si un médecin ne connaît pas, par exemple, les effets du jeûne sur la santé, et d'autres approches alternatives, peut-il indiquer à son patient le traitement qui lui sera le moins nocif ou le plus profitable ?

Sans faire appel à une pensée "magique" (trop immature, irréelle), pourquoi ne pas recourir à une pensée symbolique, compréhensive en vue de mieux se relier à soi-même ? L'idée étant de libérer des ressources intérieures (dans la mesure où on peut supposer qu'elles existent).

Ainsi se pose une autre question : si je suis rationnel, comment ne pas s'interdire des approches qui peuvent avoir des effets (au nom du principe que nous ne savons pas tout du fonctionnement de notre conscience, ni des rapports qu'elle entretient avec notre corps) ?

Dans tous les cas, que nous soyons rationnels ou pas. Il s'agit de faire exercice de lucité afin de ne se perdre ni en soi ni en l'autre.
Dernière édition: il y a 3 mois 2 semaines par René G..
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