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SUJET: Sommes-nous maîtres de nos représentations ? (Marc Aurèle) Sujet du 05.11.2018

Sommes-nous maîtres de nos représentations ? (Marc Aurèle) Sujet du 05.11.2018 il y a 4 mois 3 semaines #1

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Sommes-nous maîtres de nos représentations ?

Marc Aurèle, un cas unique d’empereur-philosophe (121-180) que l’histoire a connu durant la Rome antique, a laissé comme héritage philosophique le livre de ses pensées (Pensées pour moi-même). Ses pensées ne sont ni des confidences ni le recueil de ses mémoires, et elles n’étaient pas destinées à être publiées. Les pensées de Marc Aurèle relèvent avant tout d’une pratique stoïcienne, cette dernière encourageait à établir un dialogue avec soi-même, lequel consistait à travailler sur ses représentations. En effet, du point de vue du stoïcien, toutes nos pensées sont des représentations. En cela, elles ne sont pas la réalité.  Ainsi, la maîtrise de nos représentations constitue, selon l'approche stoïcienne, le point d'appui pour l'être humain pour se libérer de toutes ses entraves . La pratique stoïcienne vise alors essentiellement à se tenir dans de justes représentations, lesquelles sont conformes à la nature.

On peut partir avec cette question, le travail appliqué et soutenu sur ses représentations permet-il de se libérer de nos tourments ? Ce travail conduit-il vers la liberté ?
Que peut-on garder et que faut-il rejeter de l’approche stoïcienne ?

Des citations comme éléments de ressources et comme base de discussion :

Epictète est l’un des principaux inspirateurs du stoïcisme de Marc Aurèle, et l’un des commandements premiers consistait à distinguer ce qui dépend ou pas de soi.
Parmi les choses qui existent, certaines dépendent de nous, d'autres non. De nous, dépendent la pensée, l'impulsion, le désir, l'aversion, bref, tout ce en quoi c'est nous qui agissons; ne dépendent pas de nous le corps, l'argent, la réputation, les charges publiques, tout ce en quoi ce n'est pas nous qui agissons.
Epictète (50 à 135 ap. J.-C.)

Citations extraites de Pensées pour moi-même (Marc Aurèle)
Livre XI
1° - Voici les facultés propres de l’âme raisonnable ; elle se voit elle-même ; elle s’analyse ; elle fait d’elle ce qu’elle veut ; elle cueille le fruit qu’elle porte, tandis que les fruits des plantes ou produits analogues des animaux sont recueillis par des mains étrangères.

Livre III
16° - Corps, âme, raison. Les sensations sont le fait du corps : les passions se rapportent à l’âme, et les principes n’apparaissent qu’à la raison. Recevoir les impressions des phénomènes est aussi une faculté des bêtes ; éprouver l’ébranlement nerveux que produisent les passions est à la portée des animaux sauvages (…) ; prendre en tout sa raison pour guide dans des devoirs purement extérieurs, ce peut être à la portée même des gens qui ne croiraient pas au Dieux, qui trahissent leur patrie en péril, ou qui se livrent à la débauche quand ils ont une fois leurs portes fermées. Mais si toutes les autres facultés sont encore communes à ces êtres, le caractère qui reste propre à l’homme de bien, c’est d’aimer du fond du cœur tout ce qui lui arrive et la trame de sa destinée ; c’est de ne jamais oublier le génie intérieur qui réside en son âme, de ne le point laisser troubler par la foule confuse de ses idées, mais de se ménager toujours sa faveur en suivant humblement les lois de les Dieu, en ne disant jamais un mot qui ne soit vrai, en ne faisant jamais un acte qui ne soit juste. Tous les hommes viendraient à nier que l’homme de bien vit ainsi avec simplicité, avec dignité, avec plein de contentement, il ne s’irriterait pas contre eux, il ne se détournerait peut-être pas de cette route qui conduit au terme de la vie, où l’on doit arriver, pur, tranquille, prêt à quitter sa chaîne (des causes et d’effets visibles) et s’accommodant sans peine à la destinée qui nous est faite.

Livre VI
2. – Ne t’inquiète pas de savoir si tu as chaud, ou froid, quand tu fais ce que tu dois ; si l’on te blâmes, ou si l’on te loue ; si tu t’exposes à la mort, ou à toute autre épreuve ; le fait même de mourir n’est qu’une des fonctions de la vie ; et, dans ce cas comme dans tous les autres, il suffit que tu disposes du moment où tu es.

38. – Applique-toi à réfléchir souvent à l’étroit enchaînement de toutes les choses de ce monde et à leur corrélation. Elles sont toutes en quelque manière entrelacées les unes aux autres ; et en ce sens, elles ont entre elle une sorte d’intimité ; car l’une vient à la suite de l’autre ; et cette connexion tient, soit à la fonction qu’elles remplissent dans le lieu où elles sont placées, soit au but commun pour lequel elles conspirent, soit à l’unité de la substance universelle.

Livre VIII
57. – Le soleil semble s’épancher et répandre sa lumière, et en effet il l’épanche dans le monde entier ; mais, en s’épanchant, il ne s’épuise jamais. Cet écoulement n’est qu’une simple extension. Tu peux voir en effet ce qu’est précisément un rayon de soleil, en observant la lumière qui s’introduit dans une pièce obscure, à travers une ouverture étroite. Elle s’étend et marche en ligne droite ; puis elle se partage, pour ainsi dire, en rencontrant un obstacle solide, qui en prive l’air placé au-delà. C’est sur cet obstacle que la lumière s’arrête, sans glisser en bas et sans tomber. C’est justement ainsi que ton intelligence doit s’écouler et se répandre en tout sens. C’est une diffusion ; ce n’est pas un épuisement.

Livre IX
1. - Se rendre coupable d’une injustice envers autrui, c’est faire acté d’impiété, parce que la nature qui gouverne l’univers, ayant créé des êtres raisonnables pour s’aider par des secours réciproque, selon leurs mérites divers, sans qu’il leur soit jamais permis de se nuire entre eux, celui qui méconnaît cette volonté expresse de la nature se rend impie envers la plus auguste des divinités. Faire un mensonge est une autre impiété aussi grave envers elle ; car la nature qui régit l’univers est également la nature pour tous les êtres, et les être d’ici-bas sont évidemment de la même famille que les être éternels. C’est là ce qui fait qu’à un certain point de vue, la nature est appelée la Vérité, parce que c’est elle qui est cause première de tout ce qui est vrai.

2. – Ne Maudis pas la mort ; mais fais-lui bon accueil, comme étant du nombre de ces phénomènes que veut la nature.

Livre II
14° - Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l’on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu’on vit ici-bas, et qu’on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu’on perd. A cet égard, la plus longue vie en est tout à fait au même point que la plus courte. (…) Celui qui a le plus vécu et celui aura dû mourir le plus prématurément font exactement la même perte ; car ce n’est jamais que du présent qu’on peut être dépouillé, puisqu’il n’y a que le présent seul qu’on possède, et qu’on ne peut pas perdre ce qu’on n’a point (le passé et l’avenir).

Ressources à lire ou à écouter :
La série des 3 émissions des Chemins de la philosophie. La 3ème est dédiée à Marc Aurèle. France Culture.
- Le stoïcisme. Histophilo.
- Du goût pour les stoïciens. Nathalie Sarthou-Lajus. Le cairn.
Dernière édition: il y a 4 mois 2 semaines par René G..
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Sommes-nous maîtres de nos représentations ? (Marc Aurèle) Sujet du 05.11.2018 il y a 4 mois 3 semaines #2

  • Valérie kervell
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Ce sujet est tout simplement LA question existentielle la plus essentielle qui soit. De ses réponses dépendent simplement nos facultés d'embrasser le monde tel qu'il est mais aussi de le considérer tel qu'on le décide, en bref, notre aptitude au bonheur.
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