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SUJET: Notre mort nous appartient-elle ? D'après Jacqueline Jencquel. Sujet pour lundi 10.09.2018 + Un bref compte-rendu

Notre mort nous appartient-elle ? D'après Jacqueline Jencquel. Sujet pour lundi 10.09.2018 + Un bref compte-rendu il y a 8 mois 2 semaines #1

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Notre mort nous appartient-elle ?

"Je n’ai pas envie qu’on décide pour moi si je suis apte à mourir ou non. Je ne suis plus une enfant, je sais ce que je veux."
Jacqueline Jencquel, 74 ans, et qui prévoit de se donner la mort dans environ 2 ans, en janvier 2020. (Son témoignage ici sur Youtube, Nouvel Obs)

Le témoignage de Jacqueline Jencquel, qui est en même temps un acte militant en faveur d'une euthanasie active, nous suggère la question de notre prochain débat : Notre mort nous appartient-elle ?
- Mourir, est-ce être quitte avec la vie ? (ce que suppose être quitte avec la vie)
- Au nom de quoi pouvons-nous décider de notre mort ?
- A quel travail nous invite le fait d'accompagner notre propre mort ?
- Peut-on mourir apaisé


Trois citation
- Les laïques comme nous ont besoin de resacraliser l’adieu, dans une cérémonie qui soit une sorte de catharsis où plonger dans l’abîme de la mort nous fait plonger en même temps dans la source de vie. J’espère donc en une réforme de ce qui accompagne la mort.
Edgard Morin (2018, interview Le Monde)

- Pour l’instinct de conservation, les Chinois ont le culte des ancêtres, les bouddhistes le nirvana pour en terminer avec la souffrance, les hindous la métempsychose. Nous, c’est la panne ! Le nous est en panne, ne reste que le moi-je. Notez que c’est une bonne nouvelle pour le ministre de l’intérieur. Ça veut dire qu’il n’y aura plus que des émeutes, des coups de colère ou des jacqueries pour troubler l’ordre public.
Régis Debray (2018, interview Le Monde)

- Nous attribuons généralement à nos idées sur l’inconnu la couleur de nos conceptions sur le connu : si nous appelons la mort un sommeil, c’est qu’elle ressemble, du dehors, à un sommeil ; si nous appelons la mort une vie nouvelle, c’est qu’elle paraît être une chose différente de la vie. C’est grâce à ces petits malentendus avec le réel que nous construisons nos croyances, nos espoirs — et nous vivons de croûtes de pain baptisées gâteaux, comme font les enfants pauvres qui jouent à être heureux.
Mais il en va ainsi de la vie entière ; tout au moins de ce système de vie particulier qu’on appelle, en général, civilisation. La civilisation consiste à donner à quelque chose un nom qui ne lui convient pas, et à rêver ensuite sur le résultat.
Fernando Pessoa (Le livre de l’intranquillité)

Différenciation entre les 4 types d'euthanasie.
- l'euthanasie active. C'est l'administration délibérée de substances létales dans l'intention de provoquer la mort, à la demande du malade (ou d'une personne en bonne santé) qui désire mourir.
- l'aide au suicide (ou euthanasie directe). Le patient accomplit lui-même l'acte mortel, guidé par un tiers qui lui a auparavant fourni les renseignements et/ou les moyens nécessaires pour se donner la mort ;
- l'euthanasie indirecte, c'est-à-dire l'administration d'antalgiques (sédation profonde) dont la conséquence seconde et non recherchée est la mort ;
- l'euthanasie passive, c'est-à-dire le refus ou l'arrêt d'un traitement nécessaire au maintien de la vie. Par exemple, ne plus nourrir, ne plus hydrater un malade.
En France, seules les euthanasie passive et indirecte sont légales.

Ressources à écouter et à lire
- La mort (1/5) : Choisir sa mort. Les nouvelles vagues. France Culture.
- Est-ce ainsi que les hommes meurent ? Répliques. France Culture.
- La mort moderne et la réparation des vivants. Répliques. France Culture.
- Vladimir Jankélévitch 3/4 : Le mystère de la mort. Adèle Van Reth.
- Vivre et laisser mourir. Le Gai Savoir. Raphael Enthoven.
- La mort de la mort. J.K Rowling par Marianne Chaillan (philosophe). Une vie, une oeuvre.
- Les médecins devant la mort. Concordance des temps. France Culture.
- De la vie et de la mort. Frédéric Lenoir. Les chemins de la sagesse. France Culture.
- Peut-on mourir apaisé ? René Frydman. Matière à penser. France Culture.
- Le choix de mourir (ou pas). Les pieds sur terre. France Culture.

A lire :
- Mourir encore belle, l’an prochain. Article Le Temps sur Jacqueline Jencquel.
- En médiatisant sa mort, Jacqueline Jencquel choque. Article Le temps.
- Mort planifiée: une inquiétante mise en scène du suicide. Article Le Temps.
- Euthanasie amoureuse : une brève histoire des couples en fin de vie qui décident de se tuer. Article de Vice
- Régis Debray et Edgar Morin : « On n’arrive pas encore à regarder la mort en face » Article Le Monde en libre accès.
- Les jeunes face à la mort. Injep. Agora débat jeunesse.

Sujets corrélés :
- Qu'est-ce que mourir dignement ? (+Compte-rendu et schémas)
- De quoi le suicide est-il le nom ? (+ compte-rendu et schéma)
Chacun est le bienvenu à nos débats, avec ou sans préparation. Nos règles sont ici.
- Jouer la mort, ou comment penser les conduites à risque ? (+compte-rendu et schéma)
- Peut-on vivre en ignorant que l'on va mourir ? (+ compte-rendu)
- Quelles leçons tirer des EMI (expériences de mort imminentes) ? (+ compte-rendu et schéma)
- Avons-nous des devoirs moraux envers nous-mêmes ?
Dernière édition: il y a 8 mois 1 semaine par René G..
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Notre mort nous appartient-elle ? D'après Jacqueline Jencquel. Sujet pour lundi 10.09.2018 il y a 8 mois 1 semaine #2

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Un bref compte-rendu de nos échanges

Nous étions une douzaine de personnes et le débat était sympa. Il a permis de brosser l'ensemble du tableau que nous posait la question de départ : notre mort nous appartient-elle ?

Le témoignage de Jacqueline Jencquel est généralement apprécié pour sa franchise, sa clarté, son dynamisme. Il peut avoir valeur d'exemple et l'on se demande quel message l'Etat peut-il avoir sur la mort... dans une société de consommation ? (laquelle agonise en même temps que le climat)
Mais outre les questions de l'Etat, on tend à penser qu'une société mature permettrait à chacun de reconnaître son droit à mourir. Il se pose néanmoins des questions.
- Concernant Jacqueline Jencquel :
- En raison de la publicité faite autour de son message, et en raison de son militantisme, sa mort sera-t-elle vraiment la sienne ? Autrement dit, voudra-t-elle mourir en raison de son engagement, alors qu'en son for intérieur, ce ne serait pas encore le moment ?
- Son militantisme la conduit à afficher son engagement, de ce fait, sa mort prend-elle une signification qui la dépasse en tant que personne ?
- Faut-il, pour assumer sa mort, mourir pour une cause/une raison qui dépasse sa propre individualité ?

A tout un chacun :
- A quoi reconnait-on que l'on peut mourir, qu'il est temps ?
- l'instinct de survie peut nous conduire à surseoir jusqu'à l'impotence le dernier moment. Avons-nous à apprendre de la vie jusqu'aux limites que la médecine a de nous maintenir en vie ?
- Il semble qu'il faille prendre une décision pour mourir, sur quoi repose cette décision ? A partir de quoi pouvons-nous porter notre mort, et faire un sorte qu'elle soit une fête ou un adieu apaisé ?
- Pour mourir apaisé, voire pour mourir heureux, faut-il auparavant avoir su donner sa vie ?

De quoi a été faite ta vie ?
Mais n'aie crainte de rien, tu es le seul à répondre de ta vie.

Si la vie est "transmission" de gènes ou de savoirs ou d'expériences, peut-être avons-nous besoin de nous sentir heureux de ce que nous transmettons pour partir non seulement apaisé, mais heureux d'avoir vécu ?

Une citation qui me revient (de mémoire) :
- Si tu ne meurs pas pour quelque chose, tu meurs pour rien."
Lanza del Vasto.

- Une autre question a été posée : Si l'Etat autorisait l'euthanasie active, combien de personnes en profiteraient, non pour assumer leur vie et un degré supplémentaire d'accomplissement, mais pour y échapper, pour s'enfuir dans une heureuse absence ?
Dernière édition: il y a 8 mois 1 semaine par René G..
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