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SUJET: De quelles valeurs se revendique la justice climatique ? Sujet pour lundi 03.09.2018. + un bref compte-rendu.

De quelles valeurs se revendique la justice climatique ? Sujet pour lundi 03.09.2018. + un bref compte-rendu. il y a 6 mois 3 semaines #1

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De quelles valeurs se revendiquera la justice climatique pour la société qui se profile à notre porte ?

Entête d'un article de Mediapart du 30.08.2018:
Le drame de l’inaction gouvernementale face aux dérèglements du climat ne peut pas se résumer à l’effet des lobbies. Aucun parti écologiste n’a gagné d’élections nationales importantes. Il est pourtant urgent de mettre en marche nos sociétés vers la justice climatique.

> Pour notre prochain sujet, et avec la démission de Nicolas Hulot, un article de Mediapart nous sert à introduire la question de notre prochain débat : De quelles valeurs se revendiquera la justice climatique pour la société qui se profile à notre porte ?

Quelques éléments de connaissance concernant l'environnement :
- La limite des 2° à ne pas dépasser est impossible à tenir dans l’état actuel de notre croissance économique, démographique et énergétique.
> Y compris si tous les pays du monde essayaient de se convertir maintenant à des énergies renouvelables. En effet, durant ce temps de transition, nous accroitrons le réchauffement climatique.
- Aucun pays ne sait croitre sur les plans démographiques, énergétiques, économiques (PIB, emploi, modernisation, progrès,...) sans augmenter en même temps son empreinte carbone (ce qui pose le problème de notre mode de vie et de consommation).
- Au-delà des 2° de réchauffement climatique, les bouleversements climatiques sont tels qu’aucun modèle ne peut prédire clairement l’ampleur des changements et catastrophes auquel l’humanité (et la biodiversité) devra faire face.
> Par comparaison : il y 10 000 ans, avec 5° de moins sur notre planète, cela correspondait à l’ère glaciaire préhistorique, c’est-à-dire avant la fonte des glaciers qui ont donné naissance aux grands fleuves (Tigre, Euphrate, Nil, Gange, Fleuve jaune, ...), lesquels ont permis l’émergence des premières civilisations.
> La France a augmenté ses émissions de Co2 de 3% en 2017, alors qu'elle devait les diminuer de 5% par rapport à ses engagements Cop 21.

Voir les ressources pour s’informer plus bas.

Suite d’un extrait de l’article de Mediapart.
Au même moment ou presque, Nicolas Hulot annonce sa démission du ministère de la transition écologique et solidaire.
Les uns veulent agir directement pour arrêter les gaz à effet de serre, sans attendre les décisions des autorités en place. L’autre reconnaît publiquement son échec à changer le système, malgré les hauts pouvoirs qui lui avaient été conférés. Quel rapport entre les deux événements ? Deux stratégies d’action divergentes pour affronter le même problème : l’absence de majorité politique, dans les sociétés démocratiques occidentales, pour empêcher la destruction du monde à force de pollutions et de course au profit.
Le drame de l’inaction gouvernementale ne peut pas se résumer à l’effet des lobbies, aussi délétère soit-il. Aucun parti écologiste n’a jusqu’ici gagné d’élections nationales importantes, celles qui font accéder au niveau d’exercice du pouvoir nécessaire au changement de système de production, d’organisation sociale et de mode de vie requis pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas qu’un problème français : le même blocage électoral s’observe aux États-Unis, au Canada, en Europe, en Amérique latine. Les sociétés démocratiques occidentales ne portent pas au pouvoir les forces écologistes.
Des raisons profondes expliquent cette situation : la prédominance de la lecture économique du monde, le matérialisme hédoniste forgé par la croissance d’après la Seconde Guerre mondiale et la société de consommation, la peur du changement et de perdre ce qu’on a – surtout quand on possède peu –, le conservatisme des représentations culturelles, la montée des xénophobies et du chacun-pour-soi, la piètre offre politique des écolos.
Mais pendant ce temps, l’écosystème se dégrade à un rythme accéléré. À quelques semaines de la parution d’un nouveau rapport du GIEC, début octobre, les preuves de la catastrophe climatique s’accumulent. La situation est aujourd’hui pire que ce que l’on pouvait prévoir il y a quelques années.
Dans ces conditions, comment réconcilier la réalité des faits, des atteintes irréversibles et en chaîne à notre milieu de vie, et la mise en marche démocratique de nos sociétés vers la justice climatique ?
C’est cette discussion que nous devrions avoir aujourd’hui : quels modes d’action imaginer pour être à la hauteur de la brutalité des événements climatiques en cours ? Ils doivent être radicaux, au sens étymologique : prendre les problèmes à leurs racines. Ils ne peuvent être uniquement pensés sur le mode de la contrainte : les discours sur la décroissance, la réduction de l’empreinte écologique, les limites de consommation sont inaudibles pour les pauvres et les précaires. Ils doivent aller dans le sens de la justice sociale et contre les inégalités de genre et de race supposée, sinon ils ne pourront que contribuer à l’accroissement des injustices. La révolution énergétique à mener entraînerait un tel bouleversement du cadre économique qu’elle doit être totalement redistributive afin d’être acceptable socialement.
- Extrait de Ecologie, la majorité introuvable. Jade Lindgaard sur Mediapart. Accéder à l'article ici.

Ressources à voir ou à lire
- Jancovici. Ingénieur, polytechnicien. Conférence ultra documentée sur le climat et ses rapports avec notre mode de vie, notre économie. Probablement l'un des plus grands spécialistes du moment.
- 4 chroniques de Jancovici sur France Culture.
- Ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas sur l'avenir du climat. Etienne Klein invite Hervé Le Treut (physicien du climat. Membre de l'académie des sciences.) France Culture.
- La transition écologique est-elle vraiment possible ? Hervé Le Treut, invité des Matins de France Culture.
- Le climat : l'économie brûlera-t-elle ? Elisa Lanzi, économiste à l'OCDE. Invitée des Matins de France Culture.
- Le réchauffement climatique est-il lié à l’activité humaine ? Les Idées claires. Une chronique de France Culture.
- Economie/écologie, l'impossible conjugaison. Gaël Giraud (économiste) invité de Caroline Broué. France Culture.
- 100 solutions pour inverser le cours du réchauffement climatique. De causes à effet. France Culture.
- L'intégralité de l'entretien de Nicolas Hulot sur France Inter lors de sa démission.

- 13 conséquences concrètes du réchauffement climatique. CNews
- Réchauffement climatique. Le dossier de Science et Avenir.
- Quand l’écologie tient lieu de communication politique – l’exemple des transports. Analyse Opinion Critique.
- La France en dette écologique ce samedi : "Notre mode de vie est insoutenable au regard des ressources planétaires". Dossier à lire de France Culture.
- La démission de Nicolas Hulot. Article offert de Mediapart.
Dernière édition: il y a 6 mois 2 semaines par René G..
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De quelles valeurs se revendique la justice climatique ? Sujet pour lundi 03.09.2018 il y a 6 mois 2 semaines #2

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Bonjour,

Ce n'est pas vraiment un compte-rendu, c'est plutôt une réflexion a posteriori.

Nous étions moins de 10 personnes pour ce débat... C'est la première fois depuis longtemps que nous nous retrouvons si peu autour de la table... mais le débat était sympa.
Il y avait une nouvelle personne, et qui a préféré se situer en observateur.

Quelques éléments de réflexion :
On peut imaginer une justice climatique telle que chaque être humain a droit à la même quantité d'émission carbone que son voisin, dans la mesure où son mode de vie n'en exige pas plus que la moyenne générale de la population mondiale en demande. Cette moyenne serait calculée en fonction de ce que la terre peut renouveler chaque année.
Nous serions dans ce cas-là pour une justice radicale, la dignité de chacun se vaut pour tous, et sur un plan universel. Ce serait une révolution intellectuelle, éthique, mondiale.

L'autre idée serait de calculer un coût où, à partir d'un certain seuil d'émission de CO2, les particuliers, comme les entreprises, paieraient en fonction de ce que la reconversion de leur Co2 en oxygène/air renouvelable coûte à la communauté humaine. Bien entendu, les seuils à dépasser sont limités à ce que la terre peut renouveler. La redistribution des sommes iraient à l'amélioration des conditions environnementales de vie des régions les moins fortunées (c'est un exemple, l'idée étant de favoriser une égalité croissante des conditions de vie de tous). Il vaut mieux aller lentement et bien pour tout le monde, plutôt que rapidement pour quelques uns, et au détriment d'un grand nombre.

Mais derrière ces principes d'égalité et de redistribution (qui demandent à être affinés) se cache un autre problème, celui de la rivalité des hommes entre eux et des nations entre elles. Rivalité qui empêche de penser la question d'une solidarité partagée. Fondamentalement, les responsables politiques sont coupables de ne pas mettre en évidence l'impasse dans laquelle l'humanité se trouve : il ne peut y avoir de croissance économique et démographique sans augmentation du Co2, et donc, sans une augmentation du réchauffement climatique.

A charge, pour nous, les civils, les particuliers, les chefs d'entreprise de travailler et de mettre en pratique entre nous la question de solidarité et, de découvrir les problèmes, les réflexions, les solutions, l'émulation et les réjouissances que cette pratique nous procurent.
La terre nous a donné une énergie inestimable pendant les 200 dernières années, les chercheurs, les inventeurs et la science ont su la faire fructifier, sachons préserver et faire fructifier à nouveau les avancées opérées pour en faire profiter nos enfants et les générations futures. B) Il y a un plaisir certain à transmettre de la réjouissance, à se sentir porteur de vie.

Dernier élément de réflexion, nous avons vu que le Droit était en mesure de nous contraindre... Par exemple, il nous oblige à sauver des migrants (ou toute autre personne) en danger. Changer le Droit en fonction de valeurs qui ne seraient plus égalitaires pose de sérieux problèmes de conscience... qui peuvent faire gagner l'humanité en maturité si on ne lui cache pas la vérité, si on ne l'étourdit pas dans l'hyper-consommation et les excitations de nos plaisirs reptiliens futiles... Encore faut-il que nous ayons des politiciens responsables et honnêtes, c'est-à-dire soucieux de faire évoluer les Constitutions de nos démocraties afin de contrecarrer les dérives dans lesquelles le pouvoir peut jeter tout un chacun, enfler son ego de façon démesurée, et lui faire perdre la conscience de l'autre, de son prochain.

Ps : pour vous faire une idée de ce que Sarkozy (donc ex. président) pense de l'environnement et la démission de Nicolas Hulot, écoutez sa réaction ici (sur France Culture). On est choqué qu'une personne si bête ait pu être présidente... et qu'il soit encore tant payé de l'avoir été.
Ps 1 : J'ai mentionné Pierre Rosanvallon et Dominique Rousseau pour la question de l'évolution de nos démocraties. Et j'ai évoqué également François Hérant (Collège de France) pour son travail sur l'immigration. Voir ici sa leçon inaugurale, c'est brillant et très instructif.
Dernière édition: il y a 6 mois 1 semaine par René G..
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