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SUJET: Honte, culpabilité et dette anthropologique, devons-nous quelque chose à la société ? Sujet pour lundi 20.08.2018. + Un bref compte-rendu.

Honte, culpabilité et dette anthropologique, devons-nous quelque chose à la société ? Sujet pour lundi 20.08.2018. + Un bref compte-rendu. il y a 9 mois 6 jours #1

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Honte, culpabilité et dette anthropologique, devons-nous quelque chose à la société ?

La langue française le dit presque, être coupable, c'est être sécable, susceptible d'être coupé, fracturé. On peut considérer un individu comme coupable ; mais tant que la culpabilité, la responsabilité n'est pas assumées par son auteur, la faute n'existe pas. Un homme peut être condamné, mais en rejeter la faute sur la société.
Les anthropologues ont souvent fait remarquer que, dans beaucoup de sociétés dites primitives, notamment en Afrique, le malheur ne pouvait être conçu que comme l'effet d'une agression venue du dehors (d'un sorcier, d'un rival, d'une co-épouse, d'un esprit maléfique...).
« Tout se passe, selon Marie-Cécile et Edmond Ortigues, comme si l'individu ne pouvait pas supporter de se percevoir divisé intérieurement, mobilisé par des désirs contradictoires. Le « mauvais » est toujours situé à l'extérieur de moi, il est du domaine de la fatalité, du sort, de la volonté de Dieu. »
Le recours au mécanisme de projection fait naturellement obstacle à l'intériorisation de la culpabilité, celle-ci, dès lors, ne peut se constituer comme telle.
Le problème de l'intériorisation de la culpabilité.
Même s'il considère que le sentiment de culpabilité « affecta, à la manière d'un vague malaise, d'un triste pressentiment, tous les peuples méditerranéens » et qu'il est finalement constitutif de toute civilisation, Freud lui-même a distingué deux attitudes culturelles différentes par rapport à la faute, l'une d'auto-accusation angoissée, l'autre de disculpation projective. Il leur a, d'ailleurs, donné, des origines distinctes. Après avoir évoqué l'action des prophètes face aux malheurs d'Israël, il déclare : « Remarquons, car le fait est curieux, combien différemment se comporte le primitif ! Quand un malheur l'a frappé, il ne prend pas la faute sur lui ; il la met au contraire sur le compte du fétiche, lequel évidemment n'a pas rempli ses devoirs ; puis il le roue de coups au lieu de se punir lui-même. Nous connaissons ainsi deux origines au sentiment de culpabilité : l'une est l'angoisse devant l'autorité, l'autre, postérieure, est l'angoisse devant le surmoi. »
(Introduction faite avec des extraits d'Universalis et Accords philo, voir dans Ressources plus bas)

Question que nous pouvons nous poser :
- Honte, culpabilité, dette, que devons-nous à la société (que devons-nous à ce qui est autour de nous en général (notre enfance, nos parents, l’école, la société,… ?)
- Sommes-nous coupables (ou/et redevables d'une dette) devant la société ?
- Faut-il être quitte de nos dettes pour pouvoir être libre ?
- Qu’est-ce que la liberté d’être, lorsqu’on « prétend » être libre ?

Ressources.
- Culpabilité. Article Universalis.
- Dette anthropologique. Article Universalis.
- L’humain en philosophie : la parenthèse de la culpabilité..Laurent Fedi dans la revue du Cairn.
- La culpabilité limite nos pulsions destructrices. Psychologies.
- La culpabilité. Psycho-ressources.
- La responsabilité et la culpabilité. Philosophie initiation. Jefka.
- Penser la culpabilité. Andre Clair. Revue le Cairn.
- A quoi sert la culpabilité ? PhiloVive.
- La honte de la mère célibataire. Un témoignage. Article de Slate.

- La culpabilité (2/4) : psychanalyse du crime. France Culture.
- La culpabilité maternelle : un malaise moderne ? France Culture.
- La culpabilité (1/4) : Saint-Augustin et le péché originel. France Culture.
- Je me sens coupable. Grand bien vous fasse. France Inter.
Dernière édition: il y a 8 mois 3 semaines par René G..
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Honte, culpabilité et dette anthropologique, devons-nous quelque chose à la société ? Sujet pour lundi 20.08.2018 il y a 8 mois 3 semaines #2

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Un bref compte-rendu de nos échanges

Nous étions peu nombreux, une dizaine environ... (les vacances d'aout se prolongent pour certains de nos participants ;-), le débat n'en était pas moins intéressant.

Quelques repères parmi les idées énoncées.
- La honte faire référence à l'image de soi (de quoi ai-je l'air ?) dans le regard d'autrui (comment me juge-t-il?). Tandis que la culpabilité fait référence à des actes commis envers autrui ( de quelle manière ai-je porté atteinte à autrui, à ses biens, à son intégrité ?)
- Néanmoins, certaines personnes portent une culpabilité en elle-même, comme si elles se chargeaient d'une faute (ou de fautes) impardonnable, ou comme si elles se sentaient à jamais redevable envers autrui.
> Un tel ressenti est à voir avec l'éducation reçue, comme si cette dernière avait jeté un poids, une faute, une charge sur le dos de l'enfant. Très souvent, il n'a pas été accepté, ou il s'est vu accablé du mal-être que ses parents (ou son entourage) n'arrivait pas à assumer.
- Par ailleurs, le consumérisme et la société hyper individualiste dans laquelle nous vivons donne à croire que "tout" nous est dû, comme si nous nous comportions comme des enfants gâtés. Or, notre société s'inscrit dans une histoire longue et, malgré nos frustrations et nos malheurs, nous héritons d'énormément de progrès, de connaissance. Ils se posent deux questions :
- Sommes-nous capables d'exprimer de la reconnaissance par rapport à ce que nous avons reçu, et par rapport à ce que la société a produit de connaissance et de progrès ?
- Et sur un plan individuel, que suis-je en mesure d'apporter pour contribuer à une société meilleure (y compris à mon simple niveau) ?

En fait, davantage que des dettes dont il nous faudrait rembourser le montant pour être quitte de notre passé, c'est notre créativité et un regard généreux sur le monde sur lesquels il peut être intéressant de se pencher, car le monde poursuit sa course, avec ou sans notre consentement.

- Il s'est posé une autre question, si les récits de notre monde (religieux, mythes, contes, légendes, fables) ne nous enseignent plus que nous sommes redevables de quelque chose, et si les diverses générations entre elles ne se montrent pas solidaires, chacun croit-il pouvoir s'en tirer en ne comptant que sur lui et en ne croyant rien devoir à personne ? On ne peut faire société si chacun tend à rester dans le repli de lui-même.
Dernière édition: il y a 8 mois 1 semaine par René G..
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