De quoi avons-nous vraiment besoin ? (Razmig Keucheyan, sociologue)

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De quoi avons-nous vraiment besoin ? (Razmig Keucheyan, sociologue)

 

De quoi avons-nous vraiment besoin ?

 

 

De quoi avons-nous vraiment besoin ?

C'est la question que Razmig Keucheyan pose dans son dernier ouvrage : Les Besoins artificiels, Comment sortir du consumérisme (Zones, 2019).

Avec le réchauffement climatique et la réduction des émissions de Co2 qui s'impose avec de plus en plus d'évidence, deux tendances lourdes se dessinent dans les sociétés modernes. L'une s'inscrit dans la filiation des travaux d'André Gorz (théoricien du consumérisme débridé des Trente Glorieuses et de son gaspillage) et l'autre, celle d'Agnès Heller, membre de l'Ecole de Budapest qui a imposé une dictature sur les besoins.

 

La théorie des besoins a ainsi pris son essor simultanément dans deux espaces géopolitiques violemment opposés dans leur manière de répondre aux besoins. Le beaucoup trop, et le trop peu. Des deux côtés, les individus sont dépossédés de la souveraineté sur la production, l'un selon une logique capitaliste qui innonde le marché et crée sans cesse de nouveaux besoins, l'autre par une dictature des besoins, une bureaucratie hors-sol qui s'est traduit par une économie de la rareté et l'expérience des files d'attente.

 

Ces logiques subversives n'ont pas permis à la société de se demander à elle-même, quels besoins souhaitons-nous satisfaire dans le cadre de ce que l'environnement rend possible, et à quelles conditions ?

 

L'approche de Razmig Keucheyan consiste à entrer dans cette problématique par le biais de la consommation, et à proposer des pistes stratégiques pour surmonter les impasses de cette séparation.

- l'allongement de la durée légale de garantie, par exemple, porté à dix ans, changerait radicalement la face de la société qui le mettrait en oeuvre. Les biens seraient conçus et produits pour durer, bien des ressources seraient économisées, le secteur de la réparation deviendrait florissant, et nous n'achèterions pas tant des marchandises que des usages projetés dans le temps...

 

Bien sûr, de telles luttes se heurteront à l'hostilité de l'industrie, et de l'Etat qui tend à soutenir les intérêts du capital : il ne faut pas seulement être stratèges, il faut être déterminés, et ne pas redouter la conflictualité qui en découlera. Sur ce point, Razmig Keucheyan est catégorique : la crise environnementale ne sera pas résolue par une illusoire "réconciliation" de l'humanité par delà les intérêts de classe. La lutte des classes doit au contraire être approfondie, qui opposera, comme toujours, d'un côté, ceux qui ont intérêt au changement ; de l'autre, ceux qui ont intérêt au statu quo.

 

Eléments de définition :

- Qu’est-ce qu’un besoin artificiel ?

C’est un besoin qui n’est pas vital (par opposition à : se nourrir, se protéger du froid, se loger, etc.), il existe néanmoins des besoins essentiels, donc non vitaux, André Gorz les appelle «besoins qualitatifs» et Agnès Heller «besoins radicaux». Ces besoins évoluent selon les lieux et les époques.

- En quoi le capitalisme est-il contradictoire et destructeur ?

- Il repose sur la production infinie de marchandises et leur consommation (négation des limites des ressources et des conséquences sur l'environnement)

- Il dépend de la baisse des prix (pour démocratiser les produits) et donc de la baisse des coûts du travail. Les personnes et les nations (avec la globalisation) sont en rivalité entre elles dans la production et la consommation des marchandises.

> Il y a donc élimination des emplois qui conduit à l'incapacité de consommer tout en s'engageant dans une course à des besoins toujours nouveaux.

 

Des questions des s'ajouteront aux vôtres :

- Peut-on définir des besoins artificiels mais néanmoins qualitatifs ?

- Comment définir une hiérarchie des besoins qualitatifs ?

- Peut-on concevoir le progrès en termes de besoins artificiels ?

- Qu'est-ce que le progrès, l'évolution, une vie de qualité (une qualité de vie) sans matérialité ?

 

Des ressources

De quoi avons-nous vraiment besoin ? Razmig Keucheyan invité de la Grande Table. France Culture.

Les besoins artificiels Razmig Keucheyan.. Une courte vidéo et un court texte dans Hors-Série.

L'écologie et la nôtre, 40 ans après. Texte et vidéo lu d'André Gorz (un visionnaire). Amis du Monde Diplomatique.

«Nous avons atteint le stade suprême du consumérisme». Razmig Keucheyan interviewé dans Libération.

 

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